• L'assassin

           Il était une fois un assassin et une guérisseuse. Il fut blessé; elle le recueillit inconscient alors qu'il avait réussi à fuir et le soigna.

        "Je ne sais pas qui tu es, mais cela m'importe peu. Mon rôle est de te soigner et non de te juger. Ce que tu as fait est fait et nul ne peut revenir en arrière." La personne qui s'adressait à moi avait une voix douce, calme et posée. Elle ignorait que je l'entendais, je crois. Lentement, j'ouvris les yeux.

        Je vis une femme, jeune mais sage déjà ; je devinai que ses lèvres avaient l'habitude de sourire et sa voix de chanter. Ses cheveux roux ondoyaient jusqu'à ses épaules en encadrant un visage fin au teint clair. Elle me fixa de ses yeux bleu océan.

       "Vous êtes déjà réveillé? s'étonna-t-elle. Vous êtes plutôt robuste, alors!

    -Où suis-je? demandai-je.

    -Chez moi. Inutile de chercher à en savoir plus, je ne vous dirais rien. Mon nom est Alisée, et vous?

    -Je ne peux le révéler à quiconque.

    -C'est à cause de votre métier d'assassin, n'est-ce pas?" J'en restai sans voix. Comment avait-elle su?  

    "Ne soyez pas surpris, ajouta-t-elle. Ce sont les fioles de poison que vous gardez dans la doublure de votre cape qui vous ont trahi. J'ai appris à les identifier; votre employeur doit être riche pour vous en procurer des si rares et coûteux.

    -Ne le dévoilez à personne, je vous en supplie, implorai-je.

    -Je n'en avais pas l'intention, me rassura-t-elle. Qui vous a blessé?

    -Un inconnu.

    -Votre victime, je présume?

    -Comment avez-vous deviné?

    -C'est très simple: vous autres hommes de l'ombre avez la fâcheuse manie de ne dire que ce qui n'a pas le moindre intérêt, j'en conclus donc que l'origine de votre blessure en a, et pas uniquement pour moi qui doit la soigner. Or, pour  un assassin, qu'y a-t-il d'important? Le secret, comme on le voit par votre conduite et puis ce qui f ait l'assassin, ses missions. De là à comprendre  que votre blessure a été causée par votre proie, avec qui vous étiez seul par souci de discrétion,  il n' a qu'un pas.

    -Vous êtes très perspicace,  mademoiselle.

    - Alisée, homme de l'ombre,  je vous l'ai déjà dit."

     

        Alisée était vraiment quelqu'un de bien.  Elle donnait toute sa vie aux autres.  A moi, elle offrit, en plus de la guérison, tout son amour, auquel je répondis ardemment.  Nous nous mariâmes un beau jour de printemps,  bien qu'elle ne sache toujours pas mon nom. Je ne lui ai encore aujourd'hui rien dit de plus que lors de notre première rencontre. Nousn'en avions pas besoin, ni elle ni moi. Elle m'appelait homme de l'ombre,  consciente que je ne pouvais pas  lui en apprendre plus. 

     

        Un jour, mon employeur me demanda de tuer son frère.  Je choisis un poison noble, même s'il n'était qu'un homme du peuple. 

         Quand je rentrai ce soir-là, ellem'attendait devant la porte. 

    Elle avait pleuré.

    "Il ne m'appartient pas de te juger" murmura-t-elle. Et nour entrâmes.

     

     

     

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  • Commentaires

    5
    Jeudi 20 Février 2014 à 16:39

    Merci beaucoup!

    4
    Lundi 17 Février 2014 à 19:17

    Tu devrais en faire plus des comme ça ! ( ou alors, je devrais lire tout ce que tu as posté avant de te laisser un commentaire de ce genre ^^)

    Bravo, j'aime bien !

    3
    Samedi 7 Décembre 2013 à 11:36

    Merci!

    2
    Vendredi 6 Décembre 2013 à 20:13

    je trouve ce texte très beau, j'adore le thème

    1
    Vendredi 6 Décembre 2013 à 18:10

    Très beau !

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